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« En quoi l’Innovation Sociale est-elle une réponse au développement du Pays de Morlaix ? »

Rencontre organisée par Véronique Lemonon (Pôle Innovation du pays de Morlaix) et Gwénaëlle Sébilo (ADESS)

Une quinzaine de personnes ont répondu à l’invitation, acteurs ou accompagnateurs de projets innovants pour écouter les interventions d’Aurélie Basse de Bretagne Développement Innovation (BDI) et Stéphanie Brulé-Josso, ethnologue et entrepreneure-salariée de CAE Chrysalide.

Aurélie Basse rappelle la définition de l’Innovation Sociale : « Elaborer des réponses nouvelles à des besoins sociaux nouveaux ou mal satisfaits, en impliquant la participation et la coopération des acteurs concernés, soit en externe à l’échelle d’un territoire (mobilité, égalité des droits, logement, insertion, dépendance…), soit en interne au sein d’une entreprise ou d’une organisation (égalité professionnelle, crèches interentreprises, conditions de travail…). » Des exemples concrets décrivent certaines actions mises en œuvre. « Ces nouvelles formes d’innovation sont mal appréhendées dans les dispositifs d’accompagnement et de financement », constate Aurélie Basse. Avec conviction, elle définit les enjeux :
-  Faire du territoire breton un écosystème d’appui de l’Innovation Sociale reconnu
-  Mettre en réseau les acteurs de l’Innovation Sociale
-  Sensibiliser les acteurs de l’Innovation Technologique à l’Innovation Sociale et identifier les outils de l’Innovation Technologique adaptables à l’Innovation Sociale.
-  Mieux faire reconnaître l’Innovation Sociale dans les politiques publiques.

Véronique Lemonon rappelle la complexité pour les décideurs de mesurer le retour sur investissement, pour les entreprises les bénéfices acquis suite à de nouvelles dispositions, l’humain ou le social étant des domaines difficilement quantifiables.

Le point de vue de Stéphanie Brulé-Josso rejoint celui d’Aurélie Basse quant aux généralités. Pour elle, l’Innovation Sociale est une réponse nouvelle à un besoin social, elle doit être un contrepoids par rapport à l’Innovation Technique et rétablir une vision du monde qui serait le fruit du système social et culturel. Son regard d’ethnologue nous invite à nous interroger sur les objets qui nous transforment (informatique, automobile, portables…) ou nous empêchent d’agir (bancs publics où on ne peut s’allonger, barrières à digicodes, distributeurs automatiques…). « L’Innovation Technologique n’est pas neutre ! Elle a un pouvoir extraordinaire ! Déconnectée du social, elle n’est définie qu’en fonction d’une idéologie unique, celle de la raison de l’économie de marché dominante. On ne mesure pas assez l’impact social de l’utilisation de ces innovations techniques. Le milieu de la recherche concentre tous ses moyens vers la technique. Depuis dix ans le phénomène s’accentue. On nous encourage même à créer une entreprise innovante dans le seul but de sa revente ! »

Opportunités pour l’innovation sociale : La plus visible est la crise du modèle économique dominant. Lorsque les produits se vendent, pourquoi se poser des questions, pourquoi chercher à innover ? En revanche, face à une baisse notoire du marché, apparaît soudain un besoin d’innovation. Même phénomène face à la crise écologique qui a vu naître les valeurs du développement durable. « Le développement de l’ESS, en remettant l’humain au centre, est une réelle opportunité pour l’Innovation Sociale », poursuit Stéphanie Brulé-Josso. Contrairement au modèle établi, la CAE s’adapte aux projets des entrepreneurs et non l’inverse. En inventant des statuts métissés, l’ESS ouvre de nouveaux champs d’action, en commençant par déconstruire des statuts en lien avec des représentations sociales anciennes. Elle encourage la réintroduction des notions de valeur, d’éthique et de citoyenneté dans l’économie, dans l’entreprise.

Les freins à l’innovation sociale : Ils résident dans les conflits avec les modèles dominants institués : modèle économique classique, modèle de l’innovation pensée comme uniquement technologique, modèle de la gouvernance hiérarchique comme seule gouvernance efficace, légitimité incontestable du fonctionnement institutionnel traditionnel.

Beaucoup d’idées ont émergé quant aux moyens et aux actions possibles : recenser les idées, les actions, les valoriser. Créer des entreprises ambassadrices, convaincre les collectivités afin qu’elles s’emparent de la notion et la mettent en action, créer des lieux pluriels ouverts, des locaux partagés repérables par tous, multiplier les échanges et savoir-faire, créer des outils pour évaluer des critères.

Brigitte BLOT

Le 3 juillet 2012

mercredi 4 juillet 2012

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